284 Mémoires pour fervir à l'Iiifî.qu’elle fouffroit d’excdfives douleurs; &lui parlant de la peine qu’elle avoit de lamauvaife fenteur qui fortoic de Ton fein ,après une réflexion qu’elle fit fur l’étatoù elle étoit, elle lui dit en la regardantfixément , touchant fon drap : Ha !Condejfa , [avarias de batifta ; Condej[a ,[avarias de batijia ( Ha ! Conuefle, desdraps de batifte ! Des draps de batifle,Comtefiè ! ) Elle voulut lui marquerpar ces paroles, & en lui montrantfes draps, qu’elle fe reprochoit alors lesdélicatefles trop grandes qu’elle avoiteues pour fa perfonne, quand étant enfanté elle ne pouvoit fouffrir que desdraps extraordinairement fins. Cette Da-me prétendoit venir d’un bâtard d’un desderniers Rois d’Arragon. Son mari étoitCatalan de nation ; fon nom étoit d’Ar-denne ; il s’étoit révolté contre le Roid’Efpsgne fon maître , & l’avoit quittépour fe donner au Roi. L’un & l’autrea voient de la piété , de l’efprit & dumérite , & la Reine-Mere eftimoit allezcette Dame.
Sur les dix heures du matin, la Reine-Mere fommeilla un peu, plutôt par ex-cès de lafîitude que par une bonne caufe.A fon réveil , le Roi la vint voir , qui n’ytarda guere ; car dans ce moment, il