d’Anne dAutriche. Ci 656.) ûSgfalloir qu’il allât au Confeil. La Reine &Moniteur étant reliée auprès d’elie , femirent à parler de choies indifférentespour eflàyer de la divertir. J’étois au piedde fon lit. Cette Princeflè, jufqu’à la fintoujours occupée des befoins des autres,eut foin de me demander fi j’avois dîné,car alors il étoit tard. Quand je lui eu3dit que non, elle me répondit avec cettedouce & honnête maniéré dont elle fa-voit charmer ceux qui avoient l’honneurde l’approcher : Fous avez bien la mineautour d hui de n'y pas aller. Allez , allezdîner chez la Molina : voulant me direpar-là qu’elle connoiffoit que l’état oùelle étoit me rendroit incapable de pen-fer à mes befoins. Voilà une des derniè-res fois qu’elle m’a fait l’honneur de meparler; car la mort depuis cet inftant laforça d’oublier ceux qu’elle honorait defa bienveillance pour ne s’occuper plusque de l’éternité & de fa royale famil-le. Elle voyoit de près ce terrible mo-ment qui devoit bientôt la féparer pourjamais de la terre. Elle defiroit fans douted’aller jouir de ce repos qui ne finiepoint ; mais avant que de le pofféder, ilfalloit que ce qui étoit corruptible en elleprît fin : & ce paflàge fi affreux à tous,& qui, malgré fa confiante , lui p.aroiffoit
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