d'Anne dAutriche. (1666.) 315lo récit de Tes vertus par une chofe qu’ellem’a fait l’honneur de me dire fur le fujetde ces mémoires. Je lui fis connoître unjour, dans le temps de fa bonne fanté,que j’avois écric quelque chofe d’elle, &que j’avois deflein, moyennant la grâcede Dieu, de continuer. Elle me réponditfur cela d’un ton véritablement humble,que j’étois bien folle de m’amufer à cetteoccupation ; qu’elle fe confioit en moi dedire tout ce que je voudrois ; mais que lafeule peine qu’elle en pourroit avoir,étoit que je lui donnerois plus de louan-ges qu’elle n’en méritoit, & qu’ellecroyoit que l’amitié que j’avois pour ellem’empêcheroit de voir fes défauts , & deles publier. Comme je lui vis une véri-table inquiétude là-delfus, je fus contrain-te de lui promettre férieufement que jedirois la vérité autant contre elle qu’en fafaveur; l’alTurant même qu’il étoit nécef-faire de le faire, afin de trouver de lacroyance dans les efprirs des hommes ,qui aiment naturellement la vérité. Jelui dis aulfi, que nulle créature n’étantexempte de défauts, l’hifioire ne pou voitplaire, fi elle ne contenoit le bien & lemal, & fi les fautes, auffî - bien que lesbonnes aétions, n’étoient également mar-
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