LETTRE YII.
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Clermont ne purent tenir longtemps contre une armée^nombreuse et animée par la soif du pillage : la ville futprise et saccagée. Le roi, dans sa colère, voulait en raserles murailles; mais les hommes qu’il chargea de l’exécu-tion de cet ordre furent arrêtés par des terreurs reli-gieuses, seule garantie qu’eussent les indigènes de laGaule contre la furie des Barbares. Sur les remparts deClermont s’élevaient de distance en distance un grandnombre d’églises et de chapelles qu’il était impossibled’épargner en démolissant les murs. La vue de ces édi-fices effraya les chefs des Franks, qui reculèrent devantun sacrilège commis de sang-froid et sans profit. L’und’eux, nommé Hilping, vint dire à Theoderik : «Écoute,« glorieux roi, les conseils de ma petitesse : les murailles« de cette ville sont très-fortes, elles sont flanquées de« redoutables défenses; je veux parler des basiliques des« saints qui en garnissent le pourtour; et en outre l’évêque« de ce lieu passe pour grand devant le Seigneur. N’exé-« cute pas ce que tu médites : ne détruis pas la ville et« ne maltraite pas l’évêque 1 . » La nuit suivante le roieut dans son sommeil une attaque de somnambulisme :il se leva de son lit, et, courant sans savoir où, fut arrêtépar ses gardes, qui l’exhortèrent à se munir du signe dela croix. 11 ne fallut pas moins que cet accident pour ledisposer à la clémence : il épargna la ville et interditmême le pillage dans un rayon de huit mille pas; mais,lorsque cette défense fut prononcée, il ne restait plusrien à piller.
Maître de la capitale de l’Arvernie, Theoderik attaqual’un après l’autre tous les lieux fortifiés, où les gens du
* Yita S. Quinliani, apud Script, rer. gallic. et francic., (. 111, p. 4C8.