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LETTRE VIII.
leur disant : « Vous avez l’aveu de la reine pour achever« l’œuvre commencée 1 . »
Les deux rois entrèrent dans le lieu où les enfantsétaient gardés, et aussitôt Ghlother saisissant l’aîné parle bras, le jeta par terre et lui enfonça un couteau sousl’aisselle. Aux cris de douleur qu’il jetait, son frère Gon-ther courut à Hildebert, et s’attachant à lui de toutes sesforces : « Mon père, dit-il, mon bon père, viens à mon« secours : fais que je ne sois pas tué comme mon« frère. » En dépit de ses résolutions, le roi Hildebertfut ému, les larmes lui vinrent aux yeux; il dit à soncomplice : « Mon cher frère, je t’en prie, accorde-moi la« vie de cet enfant : je te donnerai tout ce que tu vou-« dras; je te demande seulement de ne pas le tuer. »Mais Chlother, saisi d’une espèce de rage à la vue dusang, accabla son frère d’injures : « Repousse-le loin de« toi, cria-t-il, ou tu vas mourir à sa place : c’est toi« qui m’a mis dans cette affaire, et voilà que tu manques« de parole 2 . » Hildebert eut peur : il se débarrassa del’enfant, et le poussa vers Chlother, qui l’atteignit d’uncoup de couteau entre les côtes. Il paraît qu’au momentoù se terminait cette horrible scène, des seigneursfranks, suivis d’une troupe de braves, forcèrent lesportes, et, sans tenir compte, comme il arrivait souvent,de ce que diraient ou feraient les rois, enlevèrent le plusjeune des enfants, Chlodoald, et le mirent en sûretéhors du palais 3 .Les nourriciers et les esclaves,qui n’ex-
1 «...Favente Regina, opus cœptum perficite... (Greg. Turon. Hist.Franc., lib. m, cap. xvin, apud Script, rer. gallic. et francic., t. Il, p. 196.)
3 « Tu, inquit, es incestator hujus causæ, et tara velociter de fide resilis ? »Ibid-, p. 196 et 197.)
3 Terlium vero Chlodovaldum comprehendere non potuerunt, quiaper auxilium virorum fortium iLeratus est.(Ibid.)