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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE VIII.

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jeune homme; mais la chose était trop difficile, et il futcontraint d’y renoncer. Alors il confia son projet à un: homme probablement romain de naissance, et lui dit :’ «.Viens avec moi à la maison de ce Barbare, et là, vends-« moi comme esclave; l’argent sera pour toi : tout ce« que je demande, c’est que tu me facilites les moyens« d’accomplir ce que j’ai résolu L » Cet arrangementfait, tous deux entrèrent dans la maisc n du Frank, et lecuisinier fut vendu par son compagm >n pour la sommede douze pièces d’or. Avant de payer, ie maître demandaà l’escla.ve quel genre d’ouvrage il savait faire. « Moi,« répondit Léon, je suis en état de préparer tout ce qui« se mange à la table des maîtres; et je ne crains pas que« pour ce talent on trouve mon pareil. Je te le dis en« vérité, quand tu voudrais donner un festin au roi, je me« ferais fort de tout apprêter de la manière la plus eon-« venable. — Eh bien, reprit le Frank, voici le jour du« soleil qui approche; ce jour-là, j’inviterai chez moi« mes voisins et mes parents : il faut que tu me fasses un« dîner qui les étonne et dont ils disent : Nous n’avons« rien vu de mieux dans la maison du roi. — Que mon« maître donne l’ordre de me fournir un bon nombre de« volailles, et j’exécuterai ce qu’il me commande 2 . » Ledimanche venu, le repas fut servi à la grande satisfactiondes convives, qui ne cessèrent de complimenter leur hôtejusqu’au moment de se séparer.

* «...Veni mecum, et venunda me in domo Barbari illius, sitque tibi lu-« erum pretium meum...» (Greg. Turon. Mut.Franc., lib. in, cap. xv, apudScript, rer. gallic. et francic., t. II, p. 194.)

2 « Ecce enim dies solis adest (sic enim barbaries vocitare diem Domi-nicum consuela est), in hac die ’vicini atque parentes mei invitabunturin domo mea ; rogo ut facias mihi prandium quod admirentur, et dicant :Quia in domo regis melius non adspeximus. » ( Ibid.)

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