Buch 
Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
Entstehung
Seite
118
JPEG-Download
 

118 LETTRE VIII.

auquel nous devons ce récit, pleura sur le cou de sonneveu ‘.

L’esclave qui, à force d’adresse, de persévérance et decourage, était parvenu à délivrer son jeune maître, reçuten récompense la liberté dans les formes prescrites parla loi romaine. Il fut conduit en cérémonie à l’église; etlà, toutes les portes étant ouvertes en signe du droit quedevait avoir l’affranchi d’aller partout où il voudrait,l’évêque Grégoire déclara devant l’archidiacre, gardiendes rôles d’affranchissement, qu’eu égard aux bons ser-vices de son serviteur Léon, il lui plaisait de le rendrelibre et de le faire citoyen romain. L’archidiacre dressal’acte de manumission, suivant le protocole usité, avecles clauses suivantes :

« Que ce qui a été fait selon la loi romaine soit à jamaisa irrévocable. Aux termes de la constitution de l’empe-c< reur Constantin, de bonne mémoire, et de la loi dans« laquelle il est dit que quiconque sera affranchi dans« l’église sous les yeux des évêques, des prêtres ou des« diacres, appartiendra dès lors à la cité romaine et sera« protégé par l’Église, dès ce jour le nommé Léon sera« membre de la cité ; il ira partout où il voudra et du« côté qu’il lui plaira d’aller, comme s’il était né et pro-« créé de parents libres. Dès ce jour, il est exempt de« toute sujétion de servitude, de tout devoir d’affranchi,« de tout lien de patronage; il est et demeurera libre,« d’une liberté pleine et entière, et ne cessera en aucun« temps d’appartenir au corps des citoyens romains 2 . »L’évêque donna au nouveau citoyen des terres, sans la

1 Gavisus autem Pontifex visis pueris, flevit super collum Attali nc-potis sui. (Greg. Turon. Hist. franc., lib. m, cap. xv, apud Script, rer,gallic. et francic., t. II. p. 195.) ,

3 Marculfi formula lvi. (Ibid , t. IV, p.52t.)