Buch 
Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
Entstehung
Seite
117
JPEG-Download
 

LETTRE VIII.

Tl 7

Ayant trouvé la maison de leur ami, ils frappèrent à saporte au moment où l’on sonnait matines. Léon nomma sonjeune maître et conta en peu de mots leurs aventures, surquoi le prêtre s’écria : «Voilà mon songe vérifié : cette« nuit j’ai vu deux pigeons, l’un blanc et l’autre noir,« qui sont venus en volant se poser sur ma main ’. »C’était le dimanche; et, ce jour-là, l’Église, dans sarigidité primitive, ne permettait aux fidèles de prendreaucune nourriture avant la messe. Mais les voyageurs, quimouraient de faim, dirent à leur hôte : « Dieu nous par-« donne, et sauf le respect dû à son saint jour, il faut que« nous mangions quelque chose ; car voici le quatrième« jour que nous n’avons touché ni pain ni viande. » Leprêtre, faisant cacher les deux jeunes gens, leur donna dupain et du vin, et sortit pour aller à matines. Le maître desfugitifs était arrivé avant eux à Reims : il y cherchait desinformations et donnait partout le signalement et les nomsde ses deux esclaves. On lui dit que le prêtre Paul étaitun ancien ami de l’évêque de Langres; et afin de voir s’ilne pourrait pas tirer de lui quelques renseignements, ilse rendit de grand matin à son église. Mais il eut beauquestionner; malgré la sévérité des lois portées contre lesrecéleurs d’esclaves, le prêtre fut imperturbable 2 . Léonet Attale passèrent deux jours dans sa maison. Ensuite,en meilleur équipage qu’à leur arrivée, ils prirent laroute de Langres. L’évêque, en les revoyant, éprouvaune grande joie, et, selon l’expression de l’historien

• « ...Vera est enim Visio mea : nam videbam duas in hac nocte colum-bas advolare, et consedere in manu mea, ex quibus una aiba, alia autemnigra erat. (Greg, Turon. Hist. Franc., lib. m. cap. xv, apud Script, rer.galtic. et francic., t. I l, p. 195.)

5 Secutus est et Barbarus, iterum inquirens pueros; sed inlu^us aPrcsbytero regressus est. ( Ibid.)

.«tô