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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE IX.

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après bien des fluctuations, par le complet affranchisse-ment de la Gaule méridionale. De là naquit cette fouled États indépendants qu'on vit s'élever, dans l'intervalledu ix e au xf siècle, entre la Loire, les Pyrénées, les Alpeset les deux mers.

Mais, lorsque ces petits États se formèrent du démem-brement de la conquête franke, une opinion contraire àla plénitude et à la durée de leur indépendance, celle duvasselage territorial, régnait d’un bout à l'autre de laGaule. Fille des anciennes mœurs germaniques appli-quées à un état nouveau, à la possession, par droit deconquête, d'une immense quantité de domaines, de vil-lages, de villes entières, cette opinion avait, par une fic-tion bizarre, transporté à la terre elle-même toutes lesobligations du guerrier qui l'avait reçue en partage. Lesterres étaient en quelque sorte, suivant la condition deleur possesseur primitif, vassales et sujettes les unes des• autres. Ce système, étendu aux provinces régies souve-rainement, comme aux simples domaines privés, établis-sait, entre toutes les parties du territoire, un lien d'unenature indécise, il est vrai, mais capable d'acquérir unegrande force, quand la prépondérance politique viendraits’ajouter pour suzerain à la suprématie féodale. Or, dansla hiérarchie des souverainetés, celle qui avait le titre deroyaume, quelque faible qu'elle fût, devait prendre rangavant toutes les autres, et se trouvait la mieux placéepour faire valoir, dans la suite, à leur détriment, un droiteffectif de supériorité. Telle fut la source de la fortunedes petits souverains de l'Ile-de-France, que nous appe-lons rois de la troisième race. L'opinion qui, au tempsde leur plus grande faiblesse, les faisait regarder commesupérieurs à leurs puissants voisins, les ducs et les comtes