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LETTRE IX.
de Bretagne, d’Aquitaine, de Provence, de Bourgogne,conduisait également à l’idée d’une subordination uni-verselle de tous les royaumes à l’empire d’Allemagne,comme décoré d’un titre anciennement supérieur autitre de roi. Cette idée, il est vrai, ne fut point réaliséepolitiquement parles empereurs; mais les rois de Frances’en prévalurent avec succès; pour eux, les prétentionsde suzeraineté préparèrent les voies à la conquête, favo-risées qu’elles étaient d’ailleurs par tous les avantagesd’une position centrale et par le caractère belliqueux deshabitants du nord de la Gaule.
C’est ainsi que le royaume de France, considéré commesupérieur aux autres États gaulois, comme seul régi entoute puissance et en pleine liberté, devint le centre d’unsystème politique embrassant toutes les fractions de l’an-cienne Gaule. Les conquêtes réitérées de la nation franken’avaient pu opérer, à l’égard de ces fractions diverses,qu’un rapprochement passager : elles furent ralliées alorsd’une manière uniforme et stable. La terre romaine s’unità la terre franke par les liens de l’obligation féodale : lesducs ou comtes, d’abord indépendants, s’avouèrent suc-cessivement vassaux et hommes-liges des successeurs desrois franks. Aussitôt qu’ils se reconnurent astreints d’unemanière générale, quoiqu’en termes vagues et mal défi-nis, aux devoirs de la féautè , de ce moment naquit legerme encore informé de la France moderne et de lamonarchie française.
Le lien d’obligation personnelle entre le vassal et leseigneur, entre le duc ou le comte et le roi, fut d’abordconsidéré comme réciproque. Les rois avaient enversleurs hommes-liges des devoirs stricts et déterminés.Mais peu à peu ils s’en affranchirent et exigèrent gratui-