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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE X.

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territoire où ils possédaient de grands domaines, soitpour en diriger l’exploitation et en percevoir les revenus,soit pour surveiller la conduite des propriétaires voisins,soit enfin pour consolider et étendre leurs établissementsdans les pays où ils avaient fait des expéditions. Cettemission, plus domestique que politique, mais donnéequelquefois avec grand appareil, d’après le consentementdes chefs du territoire où le fils du roi devait s’établir,est toujours présentée par nos historiens comme unevéritable association à la royauté, et un partage formelde l’État. C’est encore une illusion causée peut-être parl’abus que font les anciens chroniqueurs des formulespolitiques de la langue latine. Dans le fond, il ne s’agis-sait, pour les fils, que d’être associés avant l’âge à lajouissance des biens paternels; mais cette transactiontoute privée entraînait ordinairement des conséquencesd’une autre nature. Le fils, établi sur les domaines royaux,dans telle ou telle grande province, se faisait connaîtredes propriétaires voisins, gagnait facilement leurs bonnesgrâces, et devenait leur chef de préférence à tout autre,au moment où la royauté était vacante : tous, selon l’ex-pression des chroniques, le désiraient d’un communaccord '. Cela se taisait naturellement, par le simplecours des choses, et sans qu’il se passât rien de ce quiaurait eu lieu, par exemple, après un partage politiquede la monarchie de Louis XIV.

Quand les faits sont ainsi éclaircis, la question de savoirsi les partages étaient réglés par les rois franks, de leurpropre autorité , ou si le consentement de l’assembléenationale était nécessaire, devient claire à son tour. En

1 Quum omncs eum iinanimi conspirationc appctissent. (FredegariiChron upud Script, rer. pallie, cl fraude t. Il, p. 4.i3, notes et passini.)