LETTRE X.
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d’occupations guerrières, le désir de l’indépendance, etmême de la domination politique à l’égard de leurs frèresdu sud. Iis tendaient non-seulement à s’affranchir, maisà former à leur tour la tête de la confédération. Pourparvenir à ce but, le premier moyen était d’avoir desrois à part; et de là vint l’empressement avec lequel lesleudes de VOster, comme parlaient les Franks, se grou-paient autour des fils des rois envoyés parmi eux, etleur décernaient une royauté effective, soit du consente-ment, soit contre le gré de leur père. Ils allaient mêmejusqu’à exciter ces fils à des révoltes qui flattaient leurvanité nationale et leur espérance de s’ériger en Étatindépendant K . Cette rivalité produisit des guerres civilesqui se prolongèrent durant tout le vu" siècle, et enfin,au commencement du vin e , la réaction s’accomplit pârun changement de dynastie, qui transporta la domina-tion des Saliskes aux Ripewares, et la royauté des Mero-wings aux Karlings.
Dans cette lutte des tribus frankes de l’orient et dunord contre celles de l’occident et du sud, il était impos-sible que les premières ne prévalussent pas à la longue, etque le siège du gouvernement ne fût pas transporté, unjour, des bords de la Seine ou de l’Aisne sur ceux de laMeuse ou du Rhin. En effet, la population orientalen’était point clair-semée, comme l’autre, au milieu desGallo-Romains : incessamment grossie par des émigrésde la Germanie, par tous ceux que l’envie de chercherfortune ou l’attrait d’une religion nouvelle déterminaientà se ranger sous l’empire des rois chrétiens, elle formaitune masse plus compacte, moins énervée par l’oisiveté,
1 Yoy. Gesta Dagoberti R:'gis, apud Script, rer. gallic. el francic., t. II, p. 580.
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