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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE X

Sur les prétendus partages de la monarchie.

Nos historiens, en général assez louangeurs envers lesrois des Franks, s’accordent cependant à leur faire unreproche, selon eux, extrêmement grave : c’est celuid’avoir manqué aux règles de la politique, en instituantplusieurs héritiers du royaume, en partageant, commeon dit, une couronne de sa nature indivisible. Quelquesécrivains ont essayé de décharger de ce blâme la mémoirede Clovis et de Charlemagne. Pour y parvenir, ils éta-blissent que, malgré les apparences, la dignité royaledemeurait sans partage; que l’aîné des frères jouissaittoujours de la prééminence sur les autres; qu’en un mot,alors, comme depuis, il n’y avait qu’un seul roi de France.Une supposition aussi peu fondée n’était point nécessairepour excuser les Chlodowig et les Karl de n’avoir pointagi comme Louis XV. On pouvait, sans aucun dangerpour l’honneur de ces rois d’un temps tout différent dunôtre, avouer qu’ils avaient méconnu les maximes denotre politique.

Et d’abord, qu’y a-t-il de moins conforme à l’idée d’unroi selon nos mœurs, que ces enfants de Merowig, à lalongue chevelure bien graissée, non point avec du beurrerance, comme celle des simples soldats germains, maisavec de l’huile parfumée’? Véritables chefs de nomades

1 Infundens acido comam butyro?

(Sidon. Apollinar. Carm. xir, apud Scriptsrcr. gallic. et francic., t. I, p. 811.)