Buch 
Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
Entstehung
Seite
163
JPEG-Download
 

LETTRE XI.

163

titre fi'aucuiie ancienne division politique, on le désignasimplement par le nom de famille de ses chefs. Ce nomresta dans la suite attaché à une partie des provincesseptentrionales de l'ancienne Gaule, qu’on appelait enlangue tudesque Lotheringherike , royaume des enfantsde Lother, et en latin Lotharingia , dont nous avons faitLorraine.

Cette révolution, dont les historiens modernes ne par-lent qu’avec le ton du regret, fut une cause de joie pourles peuples qui s’applaudissaient de leur ouvrage, maisaffligea, comme il arrive toujours, ceux qui, par intérêt oupar système, tenaient au gouvernement établi. Quelquesesprits assez éclairés pour l’époque, mais incapables deconcevoir la nécessité des réactions politiques, et quicroyaient que les nations ne pouvaient survivre à lamonarchie, furent saisis d’une profonde tristesse, et dés-espérèrent de tout, parce qu’il y avait trois royaumesau lieu d’un. Un diacre de l’église métropolitaine deLyon écrivit alors, sur le démembrement de l’empire,une complainte en vers latin, dont quelques passagesoffrent l’expression naïve des sentiments de ceux quiavaient rêvé l’éternité du système de Karl et de lasoumission des peuples méridionaux au gouvernementtudesque :

« Un bel empire florissait sous un brillant diadème; il« n’y avait qu’un prince et qu’un peuple; toutes les villes« avaient des juges et des lois. Le zèle des prêtres était«entretenu par des conciles fréquents; les jeunes gens« relisaient sans cesse les livres saints, et l’esprit des« enfants se formait à l’étude des lettres. L’amour d’un« côté, de l’autre la crainte, maintenaient partout le bon« accord : aussi la nation franke brillait-elle aux yeux du