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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE XI. 165

« paix un ordre de choses qui n'offre aucun des biens de« la paix 1 . »

L'impression une fois donnée pour la séparation desdifférents intérêts nationaux, le mouvement des massesne s'arrêta pas; et quand il n'y eut plus d'empire,commença le démembrement des royaumes où se trou-vaient associées ensemble des populations diverses d’ori-gine et de langage. La nouvelle France était dans ce cas :elle comprenait trois grandes divisions, la France propre-ment dite, la Bretagne et l’Aquitaine, qui avaient pu seréunir ensemble pour secouer le joug de l’empire, maisqui n’en demeuraient pas moins séparées par d'anciennesdistinctions nationales. Les Bretons, ennemis naturels desGallo-Franks , et ne voulant pas plus être gouvernés pareux que par les Franko-Teutons, reprirent aussitôt leurshostilités. Ils envahirent tout le pays voisin du leur jus-qu’à la Loire et à la Vilaine, battirent en plusieurs ren-contres les armées de Charles le Chauve, et ne firent depaix avec lui que lorsqu’il leur eut garanti leurs con-quêtes et reconnu leur chef comme roi, en leur envoyantde son trésor le sceptre et la couronne 2 . Après les Bre-tons, ce furent les Aquitains, ou gens de la langue romaneméridionale, qui s'insurgèrent et travaillèrent à se déta-cher de la nouvelle France aussi complètement qu'ilsl'étaient de l'ancienne. D’un autre côté, les Provençaux,distingués aussi, par leur dialecte, des nations qui habi-

1 Gaudetur fessi sæva inter vulnera regni :

Et pacem vocitant, nulla est ubi gratin pacis.

(FJori diac. Lugdun. Querela de divisione imperii , apudScript, rer. gallic. et fravcic., t. VII, p. 303 et seq.)

1 Voyez le tome Vil du Recueil des historiens des Gaules et de la France,passim, aux années 831 et suivantes.