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LETTRE XI.
taient au delà des Alpes, se révoltèrent dans le mêmebut contre le roi Lother et ses enfants. Les villes deToulouse et de Vienne, qui étaient le principal foyer dece nouveau mouvement national, furent plus d’une foisassiégées, prises et reprises tour à tour par les arméesdes rois et par les partisans de l’insurrection 4 . Enfin, enl’année 888, après quarante-cinq ans de nouvelles guer-res, qui, dans leurs scènes variées et confuses, présen-tèrent plus d’une fois les Gaulois méridionaux liguésavec la puissance des Germains contre celle des Gauloisdu nord, arriva le démembrement final auquel tout avaittendu depuis la mort de Karl le Grand.
Si le principe le plus actif de cette révolution futla répugnance mutuelle des races d’hommes associéesmais non fondues ensemble par la conquête, son résul-tat ne pouvait être une division absolue d’après la des-cendance ou l’idiome, une sorte de triage à part detoutes les familles humaines que le flot des invasionsavait jetées çà et là au milieu de familles étrangères:tout devait se dénouer et se dénoua en effet d’une ma-nière plus large et moins complexe. La race dominante,quant au nombre, dans chaque grande portion de ter-ritoire, forma comme un centre de gravitation dont lesdifférentes minorités n’eurent pas le pouvoir de se déta-cher. Ainsi le système des lois personnelles, loin d’êtrerétabli dans son ancienne force, reçut au contraire lepremier coup par la fondation de nouveaux États oùla nationalité résultait, non d’une complète unité d’ori-gine , mais de .l’unité territoriale et des convenancesgéographiques.
1 Voyez le Recueil des Historiens des Gaules et delà France , t. Vil, [lastiin,aux aimées 860-880.