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LETTRE XII.
recevoir une cession de territoire, qui agrandirait leursÉtats aux dépens du royaume de France 1 . L’invasion,conduite par le roi de Germanie, eut lieu'en 946. A latête de trente-deux légions, disent les historiens du temps,Othon s’avança jusqu’à Reims. Le parti national, qui te-|C?Jnait un roi en prison et n’avait point de roi à sa tête, neput rallier autour de lui des forces suffisantes pour re-pousser les étrangers. Louis d’Outre-Mer fut remis enliberté, et les coalisés s’avancèrent jusque sous les mursde Rouen : mais cette campagne brillante n’eut aucunrésultat décisif. La Normandie resta indépendante, etle roi délivré n’eut pas plus d’amis qu’auparavant. Aucontraire, on lui imputa les malheurs de l’invasion; et,menacé bientôt d’être une seconde fois déposé, il re-tourna au delà du Rhin pour implorer de nouveauxsecours 2 .
En l’année 948, les évêques de la Germanie s’assem-blèrent, par ordre du roi Othon, en concile à Inghelheim,pour traiter, entre autres affaires, des griefs de Louisd’Outre-Mer contre le parti de Hugues le Grand. Le roides Français vint jouer le rôle de solliciteur devant cetteassemblée étrangère. Assis à côté du roi de Germanie,après que le légat du pape eut annoncé l’objet du synode,il se leva et parla en ces termes : « Personne de vous
1 Ludovicus siquidem ut hos magnarum virium Duces (Richardumscilicet et Hugonem) atnoris vinculo connexos esse didicit, timens neeorum conatu deponeretur a culmine regni, misit Arnulphum Flandren-sein... ad Othonem Transrhenanum Regem : mandansquoniam, si Hugo-nem Magnum omnino contereret, et Normannicam terram suo dominiosubigeret, procul dubio Lothariense regnum illi contraderet... ( Willelm.Gernet. Ilisl., apud Script, gallic. et fruncic., t. VIII, p. 266.)
2 ...Rcx Ludovicus deprecatur Regem Othonem utsubsidium sibi feraicontra Hugonem et cæteros inimicos suos... (Frodonrdi Chron., apudibid., p. 203.)