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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE XII.

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« n'ignore que des messagers du comte Hugues et des« autres seigneurs de France sont venus me trouver au> « pays d'outre-mer, m’invitant à rentrer dans le royaume« qui était mon héritage paternel. J'ai été sacré et cou-« ronné par le vœu et aux acclamations de tous les chefs« de l'armée de France. Mais peu de temps après, le« comte Hugues s’est emparé de moi par trahison, m'a« déposé et emprisonné durant une année entière ; enfin« je n'ai obtenu ma délivrance qu’en remettant en son« pouvoir la ville de Laon, la* seule ville de la couronne« que mes fidèles occupassent encore. Tous ces malheurs« qui ont fondu sur moi depuis mon avènement, s'il y a« quelqu'un qui soutienne qu’ils me sont arrivés par ma« faute, je suis prêt à me défendre de cette accusation,« soit par le jugement du synode et du roi ici présent,« soit par un combat singulier '. » Il ne se présenta,comme on pouvait le croire, ni avocat ni champion de lapartie adverse pour soumettre un différend national aujugement de l'empereur d'Outre-Rhin; et le concile,transféré à Trêves, sur les instances de Leudulf, chape-lain et délégué du keisar, prononça la sentence suivante :« En vertu de l’autorité apostolique, nous excommunions« le comte Hugues, ennemi du roi Lodewig, à cause des« maux de tout genre qu'il lui a faits, jusqu’à ce que ledit« comte vienne à résipiscence et donne pleine satisfaction« devant le légat du souverain pontife. Que s'il refuse de« se soumettre, il devra faire le voyage de Rome pour« recevoir son absolution 2 . »

Cette sentence ecclésiastique ne fut point capable dedétruire un parti qui avait résisté à l'invasion la plus for-

• Frodoardi Chron., aptld Script, rer. gallic. et francic., t. VIII, p. 202.

* Ibid., p. <75.

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