LETTRE XIV.
219
pire , par suite de l’excommunication de Henri IV, four-nirent aux habitants de Cambrai une occasion pour tenterun nouveau mouvement et rétablir leur commune. Ilsfurent aidés par le comte de Flandre, qui fit alliance aveceux pour s’agrandir aux dépensée la puissance impé-riale. En vertu de cette alliance, ils installèrent commeévêque un ami du comte, appelé Eudes, et refusèrent derecevoir l’évêque Gaucher, désigné par l’empereur. Aprèsl’avénement de Henri V, lorsque la paix eut rendu toutesa force à l’autorité impériale, «messire Gaucher, dit la« chronique de Cambrai, alla vers l’empereur et fit sa« complainte du comte Robert de Flandre, comment il« avoit troublé son empire, saisi Cambrai et mis dedans« l’élu Eudes, dont fut l’empereur fortement irrité. Lors« il s’apprêta pour venir en Flandre, et y vint avec très-« grande armée, et assiégea le château de Douay, qui« étoit très-fort de murs et de fossés, dont fut celui de« Flandre très-épouvanté, et les soldats que le comte« avoit mis pour garder Cambrai eurent peur, laissèrent« la cité et s’enfuirent. Lors entra le comte dedans Douay,« et en garnit toutes les forteresses. Au troisième jour« après, l’empereur fit un très-grand assaut, et le comte« merveilleusement bien se défendit, si qu’il y eut plu-« sieurs chevaliers occis du côté de l’empereur, et ainsi« laissèrent l’assaut. Dont eurent conseil tous les grands« princes et l’empereur ensemble; car il voyoit que rien« ne profitoit et que ne prendroient le château, et lui« dirent qu’il reçût à amour le comte de Flandre. Lors« reçut l’empereur le comte de Flandre à homme, et« furent bons amis ensemble
1 Chronique de Cambrai; Recueil des Hist. des Gaules et de la France,
t. XIII, p. 477.