Sur les communes de Noyon, de Beauvais et de Saint-Quentin.
En l’année 1098, Baudri de Sarchainville, archidiacrede l’église cathédrale de Noyon, fut promu, par le choixdu clergé de cette église, à la dignité épiscopale. C’étaitun homme d’un caractère élevé, d’un esprit sage et réflé-chi. Il ne partageait point l’aversion violente que les per-sonnes de son ordre avaient en général contre l’institu-tion des communes. Il voyait dans cette institution unesorte de nécessité sous laquelle, de gré ou de force, ilfaudrait plier tôt ou tard, et croyait qu’il valait mieux serendre aux vœux des citoyens que de verser le sang pourreculer de quelques jours une révolution inévitable.L’élection d’un évêque doué d’un si grand sens et d’unesi noble manière de voir était pour la ville de Noyonl’événement le plus désirable ; car cette ville se trouvaitalors dans le même état que celle de Cambrai avant sarévolution. Les bourgeois étaient en querelles journalièresavec le clergé de l’église cathédrale : les registres capi-tulaires contenaient une foule de pièces ayant pour titre :« De lapaix faite entre nous et les bourgeois de Noyon 1 .»Mais aucune réconciliation n’était durable; la trêve étaitbientôt rompue, soit par le clergé; soit par les citoyens,
' De pace facta inter nos et Burgenses Noviomenses. (Annales de l’églisecathédrale de Noyon , par Jacques Levasseur, Paris, J633, troisième partie,p 803 et suivO