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LETTRE XV.
qui étaient (fautant plus irritables qu’ils avaient moins degaranties pour leurs personnes et pour leurs biens. Lenouvel évêque pensait que l’établissement d’une communejurée par les deux partis rivaux pourrait devenir entreeux une sorte de pacte d’alliance; il entreprit de réalisercette idée généreuse avant que le mot de commune eûtservi à Noyon de cri de ralliement pour une insurrectionpopulaire.
De son propre mouvement, l’évêque de Noyon convo-qua en assemblée tous les habitants de la ville, clercs,chevaliers, commerçants et gens de métier. Il leur pré-senta une charte qui constituait le corps des bourgeoisen association perpétuelle, sous des magistrats appelésjurés, comme ceux de Cambrai. « Quiconque, disait la« charte, voudra entrer dans cette commune, ne pourra« en être reçu membre par un seul individu, mais en la« présence des jurés. La somme d’argent qu’il donnera« alors sera employée pour l’utilité de la ville, et non au<f profit particulier de qui que ce soit.
« Si la commune est convoquée en armes, tous ceux« qui l’auront jurée devront marcher pour sa défense, et« nul ne pourra rester dans sa maison, à moins qu’il« ne soit infirme, malade, ou tellement pauvre qu’il ait« besoin de garder lui-même sa femme et ses enfants« malades.
« Si quelqu’un a blessé ou tué quelqu’un sur le terri-« toire de la commune, les jurés en tireront vengeance 1 .»
Les autres articles garantissaient aux membres de lacommune de Noyon l’entière propriété de leurs biens,
1 Ces trois articles sont extraits d’une charte de Philippe-Auguste quireproduit, en les confirmant, les lois, ou, comme on disait alors, les cou-tumes de la commune de Noyon. Voyez le tome XI du Recueil des Ordon-nances des rois de France, p. 224.