LETTRE XV.
231
ger de sang-froid dans la voie des révolutions violentes ;mais une sorte de fatalité les y entraîna malgré eux. Ilscommencèrent par des demandes de réformes adresséesavec calme, et finirent par un soulèvement accompagnéde ce que les guerres civiles peuvent produire de plusatroce.
L’histoire de la commune de Laon a cela de remar-quable qu’elle présente en petit, de la manière la plusexacte, le type des grandes révolutions modernes. Aumoment où l’action révolutionnaire est parvenue au der-nier degré de violence, la réaction arrive, suivie d’unenouvelle série de désordres et d’excès commis en senscontraire. Enfin, quand les partis sont las de se faire uneguerre désastreuse et inutile, vient l’acte de pacification,reçu avec joie des deux côtés, mais qui, au fond, n’estqu’une trêve, parce que les intérêts opposés subsistentet prolongent la lutte sous d’autres formes.