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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE XV.

« la ville, ils pourront le faire sur quelque seigneurie que« ce soit.

« Nous ne pourrons refondre la monnaie, ni en faire« de neuve, sans le consentement du maire et des jurés.

« Nous ne pourrons mettre ni ban ni assise de deniers« sur les propriétés des bourgeois.

« Les hommes de la ville pourront moudre leur blé,« et cuire leur pain partout où ils voudront.

« Si le maire, les jurés et la commune ont besoin d’ar-« gent pour les affaires de la ville et qu’ils lèvent un« impôt, ils pourront asseoir cet impôt sur les héritages« et l’avoir des bourgeois, et sur toutes les ventes et pro-« fits qui se font dans la ville.

« Nous avons octroyé tout cela sauf notre droit et notre« honneur, sauf les droits de l’église de Saint-Quentin et« des autres églises, sauf le droit de nos hommes libres,« et aussi sauf les libertés par nous antérieurement« octroyées à ladite commune 1 . »

Cette charte, obtenue sans aucun trouble, du libreconsentement d’un seigneur, donnait aux bourgeois deSaint-Quentin tous les droits civils avec les garantiesessentielles de l’existence municipale; les villes voisines,entre autres celle de Laon, qui était la plus importante,ne tardèrent pas à désirer pour elles-mêmes une sem-blable destinée. Placés presque à égale distance de Saint-Quentin et de Noyon, les bourgeois de Laon ne pouvaients’empêcher de tourner les yeux vers ces deux communes.L’exemple de celle de Beauvais leur plaisait moins peut-être, et, selon toute apparence, ils répugnaient à s’enga-

1 Recueil des Ordonnances des rois de France, t,. XI. p. 270. — Cette charteest, comme la précédente, singulièrement réduite, et les articles en sontde même intervertis.