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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE XVII.

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rien dire de positif tant qu’il demeurerait dans la ville;et, de retour à son château, il donna un rendez-vous auxprincipaux bourgeois, dans une grande plaine, à quelquedistance de Laon. Lorsqu’ils y furent réunis, Thomas deMarie prit la parole en ces termes : « Laon est la tête du« royaume; c’est une ville que je ne puis tenir contre le« roi. Si vous redoutez la puissance royale, suivez-moi« dans ma seigneurie; je vous y défendrai selon mon« pouvoir, comme un patron et un ami. Voyez donc si« vous voulez m’y suivre 1 . » Ces paroles jetèrent laconsternation parmi les bourgeois de Laon; mais commeils désespéraient de leurs seules forces, et n’apercevaientaucun moyen de salut, le plus grand nombre abandonnala ville, et se rendit soit au château de Crécy, soit aubourg de Nogent près de Coucy. Le bruit se répanditbientôt parmi les habitants et les serfs des campagnesvoisines, que les citoyens de Laon s’étaient enfuis horsde leur ville et l’avaient laissée sans défense. C’en futassez pour les attirer en masse par l’espoir du butin 2 .Durant plusieurs jours, les gens de Montaigu, de Pierre-pont et de La Fère, vinrent par bandes piller les maisonsdésertes et enlever tout ce qui s’y trouvait. Le sire deCoucy amena lui-même à ce pillage ses paysans et sesvassaux : « Bien qu’arrivés les derniers, dit un contem-« porain, ils trouvèrent presque autant de choses à« prendre que si personne ne fût venu avant eux 3 . »

erat propalare non ausus... (Guiberti deNovigenlo, de Vita sua,\\b. iii,upud ejusdem Opéra omnia, ed. L. d’Achery, p. 510.)

1 « Civitas hæc quum caput regni sit, non potest contra Regem a me« leneri. » ( Ibid.)

3 Tune quique pagenses ad solitariam proruunt civitatem... (Ibid.)

3 Quum nostri recentiores tardius advenissent, munda omnia, etquasi illibata se reperisse jactaverint. ( Ibid.)