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LETTRE XVII.
bornes de la paix; et, pour en désigner les membres, onse servit de la formule : tous ceux qui ont juré cettepaix'. Voici le préambule de cet acte qui fixa, d'unemanière définitive, les droits civils et politiques des habi-tants de la ville de Laon et du territoire au pied de ses mu-railles, depuis f Ardon jusqu'au Breuil, en y comprenantle village de Lœuilly avec ses coteaux et ses vignobles : ,« Au nom de la sainte et indivisible Trinité, ainsi soit-il.« Louis, par la grâce de Dieu, roi des Français, faisons« savoir à tous nos féaux, présents et à venir, que, du« consentement des barons de notre royaume et des habi-c< tants de la cité de Laon, nous avons institué en ladite« cité un établissement de paix. »
Les articles suivants énoncent les limites de la juridic-tion municipale hors des murs Üe la ville, les différentscas de procédure et la fixation des tailles sur les basesdu premier établissement; ensuite vient un décret d'am-nistie conçu en ces termes :
« Toutes les anciennes forfaitures et offenses commisesa avant la ratification du présent traité sont entièrement« pardonnées. Si quelque homme banni pour avoir for-ce fait par le passé, veut rentrer dans la ville, il y sera« reçu et recouvrera la possession de ses biens ; sont
1 Termini pacis... omnes qui hanc pacem juraverunt. (Recueil des Or-donnances des rois de France, t. XI.) La même chose arriva pour la com-mune de Cambrai: détruite en l’année 1180 par l’empereur Frederik,elle obtint, à prix d’argent, son rétablissement sous le nom de paix; parceque, dit un auteur contemporain, le nom de commune fut toujours abo-minable. Voici le passage entier: « ... Cives ad Imperatorem... cum multa« pecunia récurrentes, eliminato Communiæ nomine quod semper abo-« minabile exstitit sub nomine pacis, quum tamen pax non esset, contra« Episcopum et Clericorum libertatem... privilegium sua volunlate et« seditione plénum reportaverunt. » (Balderici Chron. continuât., apudScript, rer. gullic. et francic,, t. XIII, p. 541.)