LETTRE XVII.
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« néanmoins exceptés du pardon les treize dont les« noms suivent : Foulque, fils de Bomart ; Raoul de«Caprisson; Hamon, homme de Lebert; Payen Seille;« Robert; Remy Bute; Maynard Dray; Raimbault de« Soissons; Payen Osteloup; Ancelle Quatre - Mains ;« Raoul Gastines; Jean de Molrain et Ancelle, gendre de« Lebert 4 . »
Je ne sais si vous partagerez l'impression que j’éprouveen transcrivant ici les noms obscurs de ces proscritsdu xii e siècle. Je ne puis m’empêcher de les relire et deles prononcer plusieurs fois, comme s’ils devaient me révé-ler le secret de ce qu’ont senti et voulu les hommes qui lesportaient il y a sept cents ans. Une passion ardente pourla justice, et la conviction qu’ils valaient mieux que leurfortune, avaient arraché ces hommes à leurs métiers, àleur commerce, à la vie paisible mais sans dignité quedes serfs dociles pouvaient mener sous la protection deleurs seigneurs. Jetés, sans lumières et sans expérience,au milieu des troubles politiques, ils y portèrent cetinstinct d’énergie qui est le même dans tous les temps,généreux dans son principe, mais irritable à l’excès, etsujet à pousser les hommes hors des voies de l’humanité.Peut-être ces treize bannis, exclus à jamais de leur villenatale, au moment où elle devenait libre, s’étaient-ilssignalés, entre tous les bourgeois de Laon, par leur oppo-sition contre le pouvoir seigneurial; peut-être avaient-ilssouillé par des violences cette opposition patriotique;peut-être enfin furent-ils pris au hasard, pour être seulschargés du crime de leurs concitoyens. Quoi qu’il en soit,je ne puis regarder avec indifférence ce peu de noms et
* Recueil des Ordonnances des rois de France, t. XF, p. F86.
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