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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE XVIII.

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Comme l’évêque et ses partisans tenaient la ville enétat de siège, le roi fit marcher ses troupes, et, se met-tant lui-même à leur tête, ravagea les terres du sire deRosoy et de ses complices. Incapables de résister seuls àla puissance royale, les principaux d’entre eux adressè-rent alors une demande de secours au comte de Hainaut,leur parent, et l’un des grands vassaux de l’Empire:ainsi la guerre civile de Laon fit éclore une guerre natio-nale. Le comte de Hainaut rassembla sept cents cheva-liers et plusieurs milliers de gens de pied, à la tête des-quels il arriva sans coup férir jusqu’à peu de distance deSoissons. Obligé, par cette diversion, de rétrograder pourdéfendre ses domaines, le roi consentit à un traité depaix dans lequel furent compris tous les ennemis de lacommune de Laon, à l’exception de l’évêque Roger, dontles biens restèrent en séquestre. On l’accusait de s’êtretrouvé en armes à la bataille de Comporte, et d’avoir tuéde sa propre main plusieurs bourgeois. Il se justifia surce dernier point par un serment public, et le roi luipardonna à l’intercession du pape; il reprit ses biens etson évêché, à condition de laisser en paix la commune \

Roger de Rosoy renonça dès lors à toute entrepriseviolente contre la liberté des bourgeois de Laon ; mais iln’en fut pas moins attentif à saisir toutes les occasionsqui semblaient favorables à ses projets. Après la mort deLouis le Jeune, arrivée en 1180, il adressa au nouveauroi, Philippe-Auguste, les mêmes plaintes qu’à son pré-décesseur. Ces doléances firent peu d’effet sur l’esprit duroi, jusqu’à ce que l’évêque eût proposé de reconnaîtred’une manière convenable l’assistance qu’il réclamait.

1 Gisleberti Monlensis Hannoniæ Chron., apud Script, rer. gallic. etfrancic,. t. XIII, p. 578.