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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE XVIII.

Il possédait par droit héréditaire la seigneurie de la Fère-sur-Oise, et ne crut point faire un marché désavantageuxen donnant cette seigneurie pour une charte d’abolitionde la commune de Laon 1 . Voici les termes de l’ordon-nance royale rendue en 1190.

« Désirant éviter pour notre âme toute espèce de péril,« nous cassons entièrement la commune établie en la« ville de Laon, comme contraire aux droits et libertés« de l’église métropolitaine de Sainte-Marie. Nous nous« sommes déterminé à agir ainsi par amour de Dieu et« de la bienheureuse vierge Marie, en vue de la justice et« pour l’heureuse issue du pèlerinage que nous devons« faire à Jérusalem 2 . »

Dès l’année suivante, le roi Philippe changea entière-ment de dispositions à l’égard de la commune de Laon,et un traité d’argent, conclu, cette fois, avec les citoyens,lui fit oublier ce qu’il avait cru être le péril de son âme :

«Philippe, par la grâce de Dieu, roi des Français,« faisons savoir à tous, présents et à venir, que notre« aïeul, de bonne mémoire, le roi Louis, ayant octroyé« une paix aux habitants de Laon ; que notre père aussi,« de pieuse mémoire, le roi Louis, leur ayant octroyé la« même paix et l’ayant confirmée par serment, comme il« est contenu dans sa charte authentique que nous avons« vuej avec l’assentiment des citoyens, nous avons fait« casser ladite charte, par suite d’une nouvelle conven-« tion, dont voici la teneur : En vertu de leur établisse-« ment de paix, lesdits citoyens nous devaient trois droits

1 Histoire du Diocèse de Laon, par Dom Nicolas Le Long, édit, de 1783;p. 275.

2 ... Ainore Dei et B. Virginis, et respeclu justifia! et peregriiiationisnoslræ Jerosoijmitaiiæ. (Gallia Christiana, t. IX, col. 535.)