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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE XVIII.

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Regardant l’église comme profanée, le chapitre cessad’y célébrer aucun office et transporta ailleurs les vasessacrés. L’official prononça l’excommunication contre lesauteurs du sacrilège; enfin l’évêque mit l’interdit sürtoute la ville et excommunia les magistrats municipaux,d’abord comme gardiens et représentants de la commune,et ensuite parce qu’ils avaient été témoins du désordresans rien faire pour l’empêcher. Le chapitre en corpsadressa ses plaintes au pape Boniface VIII., qui écrivit auroi Philippe le Bel pour l’exhorter à punir les coupables,à soutenir en tout point la cause du clergé de Laon, enfinà casser la commune contraire aux droits et à la tranquil-lité de l’Église 1 . Le roi envoya deux commissaires, nom-més Pierre de Sargine et Jean Choisel, pour faire uneenquête exacte sur ce qui s’était passé. Les procès-ver-baux dressés par eux furent soumis au parlement, quiprononça contre la commune de Laon un arrêt dont voiciquelques passages :

« Attendu que les citoyens de Laon, réunis en grand« nombre, après avoir sonné la cloche de la commune,« fermé les portes de la ville, et fait des proclamations« publiques, se sont rués en sacrilèges dans la mère-église,« sans respect pour les immunités ecclésiastiques ; qu’ils« ont arraché par force de ladite église un clerc et plu-« sieurs nobles chevaliers, réfugiés dans cet asile sacré« pour sauver leur vie et échapper à la poursuite de leurs« ennemis qui les ont blessés cruellement, au point« qu’un des chevaliers est mort par suite de ses blessures;« qu’ainsi ils ont violé les libertés de ladite église, et cela« en présence de plusieurs officiers de la commune, des

1 ... Coinmuniam abroget, ecclesiædudum injuriosam, acjuri ecclesias-lico inimicam.... ( Gallia Christiann , t. IX, col. 543 )