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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE XVIII.

toyens l’exercice de leurs droits « pour autant de temps« qu’il plairait à la volonté royale » D’un côté lesbourgeois, et de l’autre l’évêque et le chapitre de Laon,étaient en instance perpétuelle auprès de la cour du roi,et adressaient requêtes sur requêtes, les premiers pourobtenir une confirmation définitive, les seconds pourfaire remettre en vigueur l’ordonnance de Philippe le Bel.Ces derniers réussirent auprès de Charles IV, qui, dèsl’année de son avènement, en 1322, rendit contre lacommune de Laon une ordonnance dont voici quelquesarticles :

« Eu sur ce délibération et conseil, nous statuons et« ordonnons, en vertu de notre autorité royale, qu’en la« ville, cité et faubourgs de Laon, il ne puisse y avoir, à« l’avenir, commune, corps, université, échevinage ,« maire, jurés, coffre commun, beffroi, cloche, sceau,« ni aucune autre chose appartenant à l’état de commune.« De notre certaine science et autorité royale, nous met-« tons à néant, dans ladite ville, cité et faubourgs, le sus-« dit état de commune et tous les droits qui en dépen-« dent, les déclarons annulés à perpétuité, et imposons« perpétuel silence aux citoyens et habitants, présents« et à venir, sur toute demande et réclamation relatives« auxdits privilèges de commune , corps , unviersité,« mairie, échevinage, cloche, sceau et coffre commun.« Nous statuons en outre qu’ils ne pourront être ouïs sur« ces choses, ni par voie de supplique, ni par aucune« autre, décrétant que toutes lettres qu’ils pourraient« avoir en confirmation des susdits droits sont nulles et« de nulle valeur, et réunissons, pour toujours, à notre

1 Recueil des Ordonnances des rois de France, t. XII.