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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE XYIII.

« plairait et qu’il lui semblerait profitable de le faire. »L’ordonnance rendue à cet égard imposait perpétuel si-lence au doyen, à l’évêque et à son chapitre. Mais il nefallut pas plus de deux ans à l’évêque Albert de Royepour faire écouter ses réclamations, et convaincre de labonté de sa cause le même roi qui avait reconnu dans saplaidoirie contre les bourgeois plus de haine que d’amourde justice'. Les nouveaux moyens de persuasion em-ployés par ce prélat consistaient en une grosse sommed’argent qui fut remise entre les mains du trésorier deFrance, le 29 avril de l’année 1330 2 . Enfin, au com-mencement de l’année 1331, fut rendue l’ordonnance quidevait abolir, après deux siècles révolus, la commune oupaix de Laon :

« Philippe, par la grâce de Dieu, roi de France, savoir« faisons à tous présents et à venir, que comme nous,

« considérant que la commune jadis de Laon, pour cer-« tains méfaits et excès notoires, énormes et détestables,

« avait été ôtée et abattue à toujours par arrêt de la cour« de notre très-cher seigneur et oncle le roi Philippe le*« Bel, confirmé et approuvé par nos très-chers seigneurs« les rois Phillippe et Charles, dont Dieu ait les âmes; par« grande délibération de notre conseil, avons ordonné« que jamais commune, corps, collège, échevinage,

« maire, jurés ou aucun autre état ou signe à ce appar-« tenant ne soient institués ou établis à Laon ; Nous, con-« sidéré le bon gouvernement qui a été en ladite ville,

« par nos gens, depuis que la commune fut abattue et« qui est aussi et a été ès autres cités et bonnes villes de« notre royaume, esquelles il n’y a nul état de commune,

1 Recueil des Ordonnances des rois de France, t. XII, p. 3 et suiv.

* ... Multam contulit pecuniam... (Galha Chrisliana, l. IX, col. 546.)