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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE XIX.

« pour la rançon de son poing; mais s’il est incapable de« payer, il abandonnera son poing à la miséricorde de la« commune.

« Si un homme, qui n’est pas de la commune , frappe« ou blesse quelqu’un de la commune, et refuse de com-« paraître en jugement, la commune, si elle le peut,« démolira sa maison; et si elle parvient à le saisir, jus-« tice sera faite de lui par-devant le maire et les échevins.

« Quiconque aura donné à l’un de ses jurés les noms« de serf, récréant, traître ou fripon, payera vingt sous« d’amende 1 .

« Si quelque membre de la commune a sciemment« acheté ou vendu quelque objet provenant de pillage,« il le perdra et sera tenu de le restituer aux dépouillés,« à moins qu’eux-mêmes ou leurs seigneurs n’aient for-ci fait en quelque chose contre la commune.

« Dans les limites de la commune, on n’admettra aucun« champion gagé au combat contre l’un de ses membres.

« En toute espèce de cause, l’accusateur, l’accusé et« les témoins s’expliqueront, s’ils le veulent, par avocat.

« Tous ces droits, ainsi que les ordonnances du maire« et de la commune, n’ont force que de juré à juré : il« il n’y a pas égalité en justice entre le juré et le non-ce juré 2 . »

La constitution, établie de commun accord par l’évêqueet les bourgeois d’Amiens , fut soumise à l’agrément des

» Qui vero Juratum suum, servum recredentem, traditorem, etc. —(Recueil des Ordonnances des rois de France , t. XI, p. 267.) — En vieuxfrançais récréant signifie renégat.

1 Ibid., p. 264 et suiv. — La charte originale telle qu’on la retrouvedans une charte de Philippe-Auguste qui la reproduit, n’a pas moinsde cinquante articles. J’ai traduit les plus importants, et j’en ai inter-verti l’ordre afin d’y mettre plus de suite.