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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE XÏX.

mende pour toute espèce de délit. Ceux dont les terresétaient voisines des limites de la commune se plaignirentde ce que leurs serfs, enhardis par l’exemple et les en-couragements des bourgeois, refusaient ou ajournaientle payement du cens et des tailles. D’autres ne voulaientpas se contenter de l’amende fixée pour le mariage d’unmembre de la commune avec une femme étrangère, etréclamaient, comme leur appartenant de corps et debiens, les femmes qui avaient passé de leurs seigneuriesdans la commune. Quelques-uns revendiquaient aumême titre les habitants de leurs terres qui étaientallés, sans leur aveu, s’établir à Soissons. Il y en avaitqui accusaient la commune de leur faire violence, en lesempêchant de saisir les meubles de ceux qui avaientcommis des forfaitures ou qui n’exécutaient point lescorvées. On imputait à crime aux bourgeois de lever undroit de péage ou d’entrepôt sur les marchandises et lesdenrées qui entraient dans la ville. Enfin l’évêque repro-chait à la commune de s’être approprié son 'promenoirpour y tenir les assemblées délibérantes, et d’avoirtransformé en prison publique la grande salle de sonpalais '.

Tous ces griefs adressés à plusieurs reprises à Louis leGros dans les vingt années qui suivirent l’établissementde la commune, le déterminèrent à y faire droit. En1136, il cita devant sa cour, tenue à Saint-Germain-en-Laye, le maire et les jurés de Soissons. L’évêque de laville, appelé Joscelin, y comparut, comme partie ad-

1 Tallias et corvadas... violentiam dominis terrarum inferente com-munia, persolvere negligebant.. In pervaturia episcopi et infra domosejus conventus suos faciebat, et in magna curia captos suos, nolente epi-scopo, incarcerabat. (Charla Ludovici VI, apud Script, ter. gallic. et francict. XIV, p. lxxiii præfationis }