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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE XX.

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Menacé pour la seconde fois d’être assiégé par les ré-voltés, Henri de France ne s’adressa pas à son frère qu’iltrouvait trop tiède, mais à un souverain étranger, lecomte de Flandre. Il l’invita à venir à Reims avec unetroupe de mille chevaliers, ce qui, en comptant les ser-gents d’armes dont chaque chevalier était accompagné,devait faire environ six mille hommes. Les membres dela commune, n’ayant point de forces suffisantes pourrésister à cette armée, prirent une seconde fois le partide sortir de la ville, qui fut occupée par les Flamands 1 .Alors l’archevêque se conduisit en adroit politique; il fîtporter aux émigrés des paroles de conciliation, promet-tant d’oublier toutes les offenses et de réduire à quatrecent cinquante livres la somme due en réparation desdommages qu’il avait soufferts dans ses biens. Ruinéseux-mêmes par deux occupations militaires, et désespé-rant de leur cause, les émigrés acceptèrent un traité qui,au prix des droits qu’ils ne pouvaient plus défendre, leurgarantissait du moins le retour en paix dans leurs foyerset de grandes décharges pécuniaires. Ce traité, dont ledétail ne nous est point parvenu, enleva aux habitants deReims leur juridiction immémoriale; l’échevinage futsupprimé, ou, cessant d’être à la nomination des ci-toyens, il n’appartint plus dès lors au gouvernement mu-nicipal; on ne peut dire ce qu’un pareil changementlaissa subsister de la commune.

Henri de France, pour rendre moins sensible aux bour-geois de Reims le coup d’État qui les avait frappés dansleurs franchises héréditaires, donna tous ses soins à laprospérité matérielle de la ville. Il établit une foire an-

1 Sed illi præsentientes adventum Comitis iterafo cesser mit... ( Epist .Johann. Saresb., apudMarlot, Ilisl. Metropol. Remettais, t. II. p 39-2 )

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