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LETTRE XX.
velle et insupportable ; et il se forma, pour lui résister,une association sous le serment, dans laquelle entrèrentdes clercs et des chevaliers 1 .
Les membres de cette ligue prirent les armes, et, s’em-parant des maisons fortes et des tours des églises, ilscontraignirent les partisans de l’archevêque à sortir de laville. Dans le péril où il se trouvait, Henri de France eutrecours à son frère ; il le supplia de venir en grande hâtedissiper la conjuration formée contre lui et tirer ven-geance des coupables. Le roi vint en effet à Reims avecdes troupes. Une députation des citoyens se* présentadevant lui pour lui exposer le véritable état des choses.ÏI paraît qu’au fond du cœur Louis YII donnait tort à sonfrère; mais comme celui-ci, emporté par la.passion, nevoulut consentir à aucun arrangement, le roi prononça,quoiqu’à regret, la condamnation du parti populaire 2 .La plupart des bourgeois s’enfuirent à cette nouvelle, etceux qui ne purent trouver d’asile au dehors se cachè-rent dans les bois, sur la montagne entre Reims et Éper-nay. Le roi fit démolir une cinquantaine de maisons ap-partenant aux plus opiniâtres, et après cette exécutionil.se retira. Quand les bourgeois rentrèrent et qu’ils virentles maisons abattues, leur haine et leur emportement re-doublèrent. Ils démolirent par représailles les hôtels deschevaliers qui tenaient pour l’archevêque, et le. contrai-gnirent lui-même à se renfermer dans une forteresse voi-sine de son palais.
1 Cunspiraverant enim cives de Clericorum consilio, et auxilio mili-tum... novas quasdam, indebilas et intoierabiles servilutes volebatimponere. ( Episl. Johtntn. Saresb., apud Marlot, Ilint. Skiropol. Remensis,t. II, p. 391.)
* Rex aulem dolens, sed tamen fratris satisfaciens voluntaü... ( Ibid,p. 392.)