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LETTRE XX.
au nouveau principe populaire du régime municipal,Guillaume de Champagne n’avait qu’en partie réponduaux désirs et à l’espérance des bourgeois de Reims : cen’était pas assez pour eux et c’était beaucoup trop pourles partisans immodérés de la seigneurie ecclésiastique.Voulant tout accommoder, il ne contenta personne, et ileut à souffrir de la désaffection du peuple et des défiancesdu chapitre métropolitain. Le chapitre, qui avait une au-torité indépendante et une juridiction distincte de celledes archevêques, leur faisait une opposition quelquefoisaussi incommode pour eux que l’hostilité du corps muni-cipal. Attristé de voir ses bonnes intentions et ses me-sures conciliantes produire peu de bien, Guillaume deChampagne s’en plaignait, à ce qu’il semble, dans leslettres qu’il écrivait à ses amis. On peut croire que detelles confidences furent la cause de cette curieuse plai-santerie que lui adressa l’un d’entre eux, Étienne, évêquede Tournai : « II' y a en ce monde trois choses criardes« et une quatrième qui ne s’apaise pas facilement; c’est« une commune de vilains qui font les maîtres, une« assemblée de femmes en dispute, un troupeau de porcs« grognant de concert et un chapitre divisé d’opinions.« Nous combattons la première, nous rions de la seconde,« nous méprisons la troisième et nous supportons la qua-« trième. De celle-ci et de la première délivrez-nous,«Seigneur 1 .»
C’était un singulier état pour les habitants de Reimsque la coexistence de ces deux gouvernements, dont cha-
1 Tria sunt murmurantia super terram; et quartum quocl facile nonquieseit; communia rusticorum dominantium... capitulum diversa votasectantium. Cum primo pugnamus, secundum irridemus, tertium eon-temnimus, quartum sustinemus : a primo et quarto libéra nos, Domine.(Stephani Tornacensis Episcopi Epistolœ, *>4, Du Moliuet, 1670, p. 297.)