LETTRE XX.
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cun tendait sans relâche à subjuguer et à ruiner l’autre.On ne savait à proprement parler, à qui appartenait laville ; car tantôt la commune y paraissait maîtresse, nom-mait les commandants du guet et de la garde, et avait enson pouvoir les clefs des portes; tantôt l’archevêquereprenait la garde des clefs et l’exercice de l’autoritémilitaire. Il s’élevait à ce sujet de violents débats, oùchacune des deux parties, avant de recourir à la force,tâchait de faire valoir ses raisons. Les archevêques s’ap-puyaient sur l’ancienneté de leur seigneurie, et les bour-geois disaient que la garde de la ville appartenait natu-rellement à ceux qui y avaient le plus d’intérêt'. Enl’année 1211, dans une contestation de ce genre, leséchevins s’obstinèrent à soutenir leurs droits contre l’ar-chevêque Aubry de Humbert. L’archevêque, ne se sen-tant pas assez fort pour user de contrainte, adressases réclamations au roi Philippe-Auguste, qui se pro-nonça contre les bourgeois, comme on le voit par lalettre suivante :
c< Philippe, par la grâce de Dieu, roi des Français, à« ses amés les échevins et citoyens de Reims, salut et« amitié.
« Nous vous mandons et ordonnons strictement de« rendre, sans contradiction ni retard, à notre amé et« féal l’archevêque Aubry, les clefs des portes de la ville« de Reims qu’il tient de nous, d’obéir à ses bans de la« même manière qu’ils ont été observés au temps de ses« prédécesseurs; enfin de ne point recevoir dans la ville,« sans sa permission, les personnes qu’il aura bannies,
1 ...Dictitantes urbium custodiam penes esse eos debere, quorummaxime interesset. (Marlot, Hist. Metropol. Remensis, édit, de 1666, t. II,p *780