LETTRE XX.
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la merci du pouvoir épiscopal. Ce qui se passait journel-lement entre eux-, et les agents de ce, pouvoir était bienautrement grave que ne le ferait croire le style doucereuxdes dépêches officielles. Les archevêques dei Reims pos-sédaient, à l’extrémité septentrionale de, la ville, uneforteresse bâtie, à ce que l’on croit, par Henri de France.Ils y entretenaient une garnison nombreuse de chevalierset d’archers. Du côté de la campagne, les fortificationsconsistaient en quelques tours élevées sur le fossé mêmede la ville et communiquant avec le dehors par un pont-levis ; mais le côté opposé présentait des défenses formi-dables. Les murailles étaient plus épaisses, les fossésplus larges et plus profonds, et les remparts, bien ter-rassés, étaient garnis de machines; tout indiquait quecette citadelle avait pour destination, non de protéger laville contre des attaques extérieures, mais de contenir etd’effrayer les habitants. On l’appelait le château de Porte-Mars , parce qu’un ancien arc de triomphe consacré audieu Mars, et qui autrefois servait de porte à la ville, setrouvait enclos dans ces nouvelles constructions. Au pieddes murs, dans; la campagne, les archevêques avaient unhôtel orné de> jardins;.ils l’occupaient ordinairement;mais à la moindre alarme, ils L le quittaient pour serenfermer dans le fort..
C’était au château de Porte-Marsque.se tenaient lesplaids de la. cour épiscopale. On tremblait d’être cité de-vant elle, car, une fois entré dans la forteresse* personnen’était sûr d’en sortir. Abusant des* dispositions de lacharte de Guillaume de Champagne pour le cas.de délitmanifeste, les officiers de l’archevêque enlevaient au juge-ment des échevins la plupart des causes criminelles *, et
Voyez plus haut, p. 307.