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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE XXI.

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L’archevêque de Reims, accompagné de six de sessutiragants et de plusieurs députés des chapitres diocé-sains, vint à Melun présenter au jeune roi la requête, oupour mieux dire la sommation du concile. « Seigneur ,« dirent les évêques, nous vous supplions de prêter se-« cours à l’Église de Reims contre ses bourgeois qui l’op-« priment. » Le roi répondit qu’il en délibérerait mûre-ment avec les gens de son conseil, et fixa le délai d’unmois pour faire connaître ses intentions. Mais les plai-gnants , peu satisfaits de cette réponse, se réunirent enconcile à Compiègne, et décidèrent qu’on ferait au roides injonctions plus pressantes. Ce fut à Saint-Denisqu’eut lieu la seconde entrevue de Louis IX avec lesévêques de la province rémoise; mais comme il ne fitaucune réponse définitive, le concile, transféré à Senlis,prit la résolution suivante : « Attendu que le seigneur roi« n’a pas obéi aux monitions qui lui ont été faites, nous« mettons l’interdit sur toutes les terres de son domaine« situées dans la province, permettant toutefois qu’on y« administre le baptême et le viatique. Nous excommu-« nions en outre tous les évêques qui n’observeront pas« le présent interdit et manqueront à le faire publier et« observer dans leurs diocèses 1 . »

Le roi Louis IX entrait alors dans sa majorité; devenumaître de sa conduite, il se montra beaucoup plus dis-posé à céder aux demandes des évêques. Pour s’entendreavec eux et conclure la paix, il n’attendit point de nou-veaux messages ou des visites de leur part, et lui-même,

plici læsione Remensis Ecelesiæ. (Marlot, Hist. Melropol. Remensis, t. Il,p. 520.)

• Quum dominus Rex non paruerit monitionibus sibi factis, nos infer-dicimus totum dominium ejus siturn in provincia Remensi. (Ibid.,p. 522..)