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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE XXI.

à plusieurs reprises, se rendit dans la province qui venaitd’être mise en interdit. Le bon accord fut bientôt rétablientre le pouvoir royal et le pouvoir ecclésiastique; maisles suites de cette réconciliation ne furent rien moins quefavorables à la liberté des bourgeois de Reims. Tout cequ’ils avaient gagné en fait, durant leur insurrection, leurfut enlevé. Tous les dommages causés par la guerre civileretombèrent sur eux, leurs griefs les plus évidents furentécartés, et les droits du pouvoir municipal restreints parla décision du roi, qui résolut au profit de l’archevêquepresque toutes les questions en litige. Aux termes d’unrescrit donné sous forme de sentence, la forteresse dePorte-Mars devait être rétablie dans son ancien état, etles défenses élevées contre elle entièrement détruites. Ilétait enjoint désormais aux bourgeois, cités par l’arche-vêque ou ses officiers, de se rendre à l’hôtel de Porte-Mars pour y plaider, être jugés et faire tout ce qui autre-ment se serait fait dans le palais de Reims. Enfin, ilétait interdit aux magistrats municipaux de vendre desrentes viagères et de lever des taxes pour les besoins dela ville sans l’aveu et le contrôle de l’archevêque LSaint Louis, si renommé dans son temps pour sonéquité, ne mettait point sur la même ligne les privilègesdes communes et ceux des seigneurs, surtout des sei-gneurs ecclésiastiques. Il agit donc selon sa conscience enplaçant les bourgeois de Reims dans une condition pireque celle où ils se trouvaient au moment où la discordeavait éclaté entre la cour et les évêques. Mais comme ilétait doux pour les personnes, en même temps qu’in-flexible dans ses idées d’ordre et de légitimité, il voulut que

1 Archives administratives de la ville de Reims, t. I, p. 608 et suiv. — Voj eïplus haut, p. 3H et 312.