LETTRE XXI.
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l’archevêque s’engageât par écrit à traiter humainementles bourgeois, et à ne point user à la rigueur des droitsque lui assurait la sanction royale. Cet écrit fut envoyéaux échevins pour être conservé, comme pièce authen-tique, dans les archives de la commune; mais l’arche-vêque montra presque aussitôt le peu de compte qu’ilfaisait d’une promesse vague et sans garantie. Deux com-missaires royaux s’étaient rendus à Reims pour terminer,par arbitrage, tous les différends nés de la querelle qu’oncherchait à éteindre. Avant toute autre discussion, l’arche-vêque se mit à contester aux bourgeois de Reims le droitd’avoir un sceau, ce qui revenait à leur refuser tout droitde juridiction et toute existence légale comme corps poli-tique. Les commissaires craignirent de renouveler lestroubles si de pareilles questions étaient débattues, et,pour éluder la difficulté, ils insérèrent ces mots dans leursentence : « Quant au sceau, nous en connaîtrons, en« faisant appeler les parties dès qu’il nous sera loisible« de le faire 1 . » Ils repartirent après quelques jours, etl’affaire resta indécise, c’est-à-dire abandonnée, commeautrefois, aux chances de l’énergie populaire et de l’am-bition seigneuriale.
L’excommunication portée contre les habitants deReims fut levée avec les cérémonies d’usage. On rouvritles cimetières, et l’on y transporta les corps des personnesmortes sous l’anathème, qui, avant d’expirer, avaientdonné quelques signes de repentir et de soumission àl’Église. Une absolution générale fut prononcée pourceux qui, étrangers à la ville, avaient aidé les bour-geois dans leur révolte, travaillé à leurs gages, commercé
• De sigillo autem, quum vacare poterimus, vocatis partibus cognos-cenius. ( Mai'lot, Hist. Metropol. Rente unis, t. II, p. 5-25.)