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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE XXL

venaient aux mains, par une sorte de bravade militaire,avec les soldats de l’archevêque, lorsque la bannière sei-gneuriale passait devant celle de la commune. Sous leprétexte d’établir, d’une manière plus complète, la sûretéet la tranquillité dans la ville, les bourgeois plaçaient àl’extrémité de chaque rue des chaînes de fer et des barri-cades, dont l’objet réel était d’empêcher la garnison duchâteau épiscopal de se répandre dans la cité sans la per-mission des échevins. Ces nouvelles tentatives de la com-mune pour se fortifier et préparer une complète restaura-tion de ses privilèges donnèrent lieu, en 1257, à uneseconde intervention du roi Louis IX 1 .

Le siège épiscopal était occupé alors par ce même Tho-mas de Beaumetz dont il a été fait mention plus haut,homme moins audacieux que Henri de Braine, mais aussipeu favorable aux libertés de la bourgeoisie. Encouragépar la conduite du roi dans la grande querelle de 1235, ille supplia de venir à son secours, et de se rendre à Reimspour écouter ses griefs contre la commune. Le roi, cédantaux prières de l’archevêque, alla à Reims, et, après avoirécouté les plaintes des deux parties, il prononça, commearbitre, un jugement analogue à celui qu’il avait renduvingt-deux ans auparavant. Les échevins eurent beaureprésenter que la ville de Reims était ville de loi et decommune, que les bourgeois y étaient associés en corpset en collège, qu’à ce titre ils avaient le droit de lever descompagnies, de leur donner des capitaines, d’avoir engarde les clefs et les fortifications de la ville, le roi donnasur tous ces points gain de cause à l’archevêque. Les com-pagnies de milice furent placées sous son autorité, les

* Aiujuctil, Uisi. de Reims, jt. 9() et suiv.