LETTRE XXI.
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clefs des portes lui furent remises, et l’enlèvement deschaînes et des barricades fut ordonné 1 .
L’histoire de la commune de Reims, durant la dernièremoitié du xm e siècle et la plus grande partie du xiv> offrela répétition de mêmes querelles, mais avec des scènesmoins variées, parce que l’autorité royale y intervient,d’une manière uniforme, par les appels au parlement.Cette lutte du privilège seigneurial contre les libertésbourgeoises, si énergique dans son origine et si pleine demouvement, paraît ainsi transformée en un procès entreparties, où les rôles de demandeur et de défendeur sontremplis tour à tour par l’archevêque et par les magistratsde la commune. Plaideurs inconciliables et toujours eninstance, ils portaient dans cette guerre d’un nouveaugenre un acharnement qui rappelait, sous d’autres for-mes, le temps des hostilités à main armée. L’archevêqueou ses fondés de pouvoir qualifiaient leurs adversairesde chétives gens , de gens de néant ; et lorsque ceux-ciprésentaient leur requête scellée du sceau de la com-mune, « c’est une pièce fausse, disaient les premiers, et« de nulle valeur en justice; car les échevins de Reims« n’ont pas le droit d’avoir un sceau 2 . »
En l’année 1362, les avocats de l’église métropolitaineprirent les conclusions suivantes : « Que l’échevinage soit« déclaré aboli et que toute juridiction civile et criminelle« soit remise en la main de l’archevêque; que le roi« détruise la commune, comme une association illicite,« dangereuse et non autorisée par ses prédécesseurs; que
1 Anquetil, Hist. de Reims, t. II, p. 92 et 93.
* Missi ab Archiepiscopo Scabinorum procurationem, ac sigillum im-pugnant, dicuntque nec jus Communiæ habere nec sigillum... (Marlot,Hist. Metropol. Remensis , 1.11, p. 572.) — Anquetil, Hist. de Reims, 1.11, p. 255.