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Lettres sur l'histoire de France : pour servir d'introduction à l'étude de cette histoire / par Augustin Thierry
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LETTRE XXI.

« l'archevêque puisse régler à sa volonté le gouverne-« ment de la ville, armer ou désarmer les habitants, lever« des compagnies, nommer des connétables et des com-« mandants, sans rendre compte à qui que ce soit. »L'arrêt du parlement ne fît droit ni à ces demandes niaux plaintes de la commune sur les tyrannies et les usur-pations du clergé ; mais il consacra les prétentions d’unetroisième puissance qui s'élevait alors au détriment desdeux autres. « La garde et le gouvernement de la ville,« disait la sentence, appartiennent au roi seul, et à ceux« qu'il lui plaira d'y commettre *. »

Au xv e siècle, la commune de Reims cesse entièrementde jouer un rôle politique. Elle ne fut point abolie, maiselle s'amortit en quelque sorte sous la pression de l’auto-rité royale. Dans les temps de subordination paisible, quisuccédèrent aux tumultes du moyen âge, l’oubli élevacomme une barrière entre la bourgeoisie moderne etl'antique bourgeoisie, si fière et si indépendante. Le seulgrand événement local, pour un habitant de Reims, futla cérémonie du sacre; et les enfants de la ville jouèrentau pied du vieux château des archevêques, sans se douterque ces murs en ruines eussent été maudits par leursaïeux. Toutes les villes de France sont tombées, depuisquatre siècles, dans la même nullité politique; mais onse figure trop aisément qu'il en a toujours été ainsi. Pourchercher des exemples de courage civique, nous remon-tons jusqu'à l’antiquité, tandis que nous n’aurions besoinque d’étudier à fond notre histoire; parmi nos villes lesplus obscures, il n’en est peut-être pas une qui n'ait euses jours d’énergie. Yézelay, dans le département de

» Anquetil, Hisl. de Remis , t. Il, p. 257.