LETTRE XXII. 337
de Rome, et faisant partie des domaines du siège apos-tolique *.
Malgré le diplôme impérial et malgré l’excommunicationrenouvelée par une suite nombreuse de souverains pon-tifes, les héritiers des droits du comte Gherhard, dansl’Auxerrois et le Nivernais, essayèrent, à plusieursreprises, de faire rentrer le bourg de Vézelay sous leurautorité seigneuriale. Les richesses des habitants et lacélébrité du lieu excitaient leur ambition et la rendaientplus active. Ils ne pouvaient voir sans envie les grandsprofits que l’abbé de Vézelay tirait de l’affluence desétrangers de tout rang et de tout état, ainsi que des foiresqui se tenaient dans le bourg, notamment à Pâques età la fête de sainte Marie-Madeleine. Ces foires, où se ren-daient en foule des marchands de toutes les provinces deFrance et même des pays lointains, donnaient à un bourgde quelques milliers d’âmes une importance presqueégale à celle des grandes villes du temps 2 . Quoique serfsde l’abbaye de Sainte-Madeleine, les habitants de Vézelay,à mesure qu’il s’enrichissaient par l’industrie et le com-merce, avaient vu s’améliorer graduellement leur conditioncivile 3 ; ils étaient devenus à la fin propriétaires d’im-meubles qu’ils pouvaient léguer, et, pour eux, le servagese trouvait réduit à des redevances plus ou moins arbi-traires, à des taxes gênantes pour l’industrie, et à l’obli-
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1 Toutes les autres pièces relatives à cette fondation se trouvent dansle premier livre de l’histoire du monastère de Vézelay, publiée par DomLucd’Achery. Spicilegium, Paris, <723; t. Il, p. 498.
* ...Multis ex parlibus ad eam plures convolaverunt et tam, sui copia,quam rerum affluentia illud oppidum illustre conspicuumque reddide-runt. (Hialoria Vizeliacensis monasterii, auctore Hugone Pictavino, lib. ni,apud ibid, p- 523, col. 2.)
3 Suscitât invidiam turba turbatior omni, servorum in dominumsedi-tlosa manus (Ibid.)
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