LETTRE XXII.
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l'église de Vézelay fussent dorénavant soumis à la juri-diction des comtes de Nevers 1 ; mais il savait bien que lepape n’accorderait jamais une pareille demande.
En effet, l’abbé Pons de Montboissier rapporta de Romeun monitoire apostolique qui lui faisait un devoir sacréde la défense de ses droits seigneuriaux. Cette nouvelleexcita plus violemment que jamais la colère du comte deNevers, qui voyait qu’on s’était joué de lui. N’osant ce-pendant attaquer en personne les moines sans provocationde leur part, il engagea les petits seigneurs des environs,qui étaient ses vassaux, à faire des incursions armées surles terres de l’abbaye. Plusieurs barons du Nivernais et del’Auxerrois profitèrent de cette occasion pour s’emparerimpunément des biens de l’Église. Ils rançonnèrent lesmoines, dévastèrent les métairies, et enlevèrent partoutles provisions, les serfs et le bétail 2 . N’ayant point detroupes à opposer aux hommes d’armes de ses ennemis,l’abbé de Yézelay supporta quelque temps le mal qu’ilslui faisaient, avec cette patience qui était la force desgens d’église. Puis, voyant qu’il ne gagnait rien, il résolutde tenter d’autres voies et sollicita la protection du roi deFrance. Ce fut dans la quinzième année de son règne,c’est-à-dire en 1152, que le roi Louis le Jeune reçut àParis, une requête où l’abbé Pons lui exposait, dans lestyle biblique du temps, les afflictions de son Église. 11 yfit droit, en citant à comparaître, devant la cour des ba-rons de France, le plaignant et son adversaire le comtede Nevers. Tous deux exposèrent leurs raisons ; mais cedébat n’eut aucune suite, parce que l’abbé déclina le ju-
* Hist. Vizeliac. monaat., lib. m, apud L. d’Achery Spïcilegium , t. 11,p. 527, col 2.
Ibid., p. 528, col.