LETTRE XXIII.
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un siège en forme dans les tours de leur église; que,durant ce long siège, le pain leur ayant manqué, ilsavaient été contraints de manger de la viande, et devioler ainsi la règle de leur ordre*.
Ces nouvelles faisaient grand bruit, et l’on en parlaitdans différents sens. Chacun, selon son état ou ses affec-tions personnelles, prenait parti soit pour l’abbé Pons,soit pour le comte de Nevers et la commune de Yézelay.Le comte avait pour amis et pour soutiens de sa causeplusieurs évêques qui n’aimaient pas les établissementsreligieux affranchis de la juridiction ordinaire et soumisimmédiatement au saint-siège ; il était même favorisé ensecret par l’abbé de Cluny, jaloux, à ce qu’il paraît, pourson couvent, de la célébrité de celui de Yézelay. Cettecirconstance détermina l’abbé Pons à quitter Cluny pourse rendre à la cour du roi Louis YII qui alors résidait àCorbeil 1 2 . L’abbé se présenta devant le roi et fit sa plaintedes vexations toujours croissantes que la commuue deVézelay exerçait contre son Église. Déjà sollicité par leslégats pontificaux à prendre parti dans cette affaire, leroi envoya l’évêque de Langres au comte de Nevers lesommer par sa foi comme vassal de conclure la paix avecl’église de Vézelay, d’abandonner les bourgeois et dedissoudre leur commune 3 . Le comte ne fit à cette som-mation que des réponses évasives. Il ne changea rien àsa conduite, comptant sur son crédit auprès des con-
1 Hist. Ludovici VU, apud Script, ter. gallic. et francic., t. XII, p. 132.
2 ... Et Regem Ludovicum Corbeiæ demorantem celerifer adiit. Cuiquerelam suam deponens, super injusta inquieta'.ione Vizeliacensis Com-muniæ ei proclainavit. (Ibid.)
3 ... Lirigoneusem Episcopum ad Comitem Nivernensem, qui prædiclamCommunia!» manu tenebat, destinavit; etmandnvitei utpacemEcclesiæreformaret, et Connmmiuin dissipari faeerct. (Ibid.)