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Lettres Choisies de Mme de Sévigné a sa fille et a ses amis : précédées de l'éloge de Mme de Sévigné par Mme A. Tastu couronné par l'Académie française / et de l'extrait du rapport de M. Villemain
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54 LETTRES

non pas pour mourir : on avait été deux heures à la résoudre-

Lextrême approbation que lon donne aux réponses de M. Fou-quet déplaît infiniment à Petit; on croit même quil engageraPuis.... à faire le malade pour interrompre le cours des admira-tions, et avoir le loisir de prendre un peu haleine des autres mau-vais succès. Je suis très-humble servante du cher solitaire, demadame votre femme, et de ladorable Amalthée 1 .

il. A M. de Pomponne.

Jeudi 4 décembre 1664»

Enfin, les interrogations sont finies ce matin. M. Fouquet estentré dans la chambre ; M. le chancelier a fait lire le projet * toutdu long. M. Fouquet a repris la parole le premier, et a dit : Mon-sieur, je crois que vous ne pouvez tirer autre chose de ce papier,que leffet quil vient de faire, qui est de me donner beaucoup deconfusion. M. le chancelier a dit : Cependant vous venez den-tendre, et vous avez pu voir par que cette grande passion pourlÉtat, dont vous nous avez parlé tant de fois, na pas été si con-sidérable que vous nayez pensé à le brouiller dun bout à lautre.Monsieur, a dit M. Fouquet, ce sont des pensées qui me sontvenues dans le fort du désespoir me mettait quelquefois M. lecardinal, principalement lorquaprès avoir contribué plus quepersonne du monde à son retour en France, je me vis payé dunesi noire ingratitude. Jai une lettre de lui et une de la reine-mère,qui font foi de ce que je dis; mais on les a prises dans mes pa-piers, avec plusieurs autres. Mon malheur est de navoir pasbrûlé ce misérable papier, qui était tellement hors de ma mé-moire et de mon esprit, que jai été près de deux ans sans ypenser, et sans croire lavoir. Quoi quil en soit, je le désavouede tout mon cœur, et je vous supplie de croire, monsieur, quema passion pour la personne et pour le service du roi nen apas été diminuée. M. le chancelier a dit : Il est bien difficile dele croire, quand on voit une pensée opiniâtre exprimée en diffé-rents temps. M. Fouquet a répondu : Monsieur, dans tous lestemps, et même au péril de ma vie, je nai jamais abandonnéla personne du roi ; et dans ce temps-, vous étiez, monsieur,le chef du conseil de ses ennemis, et vos proches donnaientpassage à larmée qui était contre lui.

1 Madame Duplessis-Guénégaud élaii désignée dans la sociale par le nom dA-mahhée.

a Cétait un projet vague de résistance et de fuite en pays étranger, que Fouquetavait écrit quinze ans auparavant, quand la France était en proie aux factions, etdans uti moment il croyait avoir à se plaindre du cardiua! Mazariu. Cet écritfut trouvé dans la maison de Saint-Mandé, derrière un grand miroir , il avaitété abandonné et oublié-