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Lettres Choisies de Mme de Sévigné a sa fille et a ses amis : précédées de l'éloge de Mme de Sévigné par Mme A. Tastu couronné par l'Académie française / et de l'extrait du rapport de M. Villemain
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trop de vanité, si je navais mille autres sujets de me remettre àma place.

Adhémar maime assez, mais il hait trop lévêque, et vous lehaïssez trop aussi : loisiveté vous jette dans cet amusement;vous nauriez pas tant de loisir, si vous étiez ici. M. dUzès mafait voir un mémoire quil a tiré et corrigé du vôtre, dont il ferades merveilles ; liez-vous-en à lui ; vous navez quà lui envoyertout ce que vous voudrez, sans craindre que rien ne sorte de sesmains, que dans le juste point de la perfection. Il y a, dans toutce qui vient de vous autres, un petit brin dimpétuosité, qui estla vraie marque de louvrier : cest le chien du Bassan L On vousmandera le dénoûment que M. düzès fera à toute cette comédie ;jirai me faire nommer à la porte de lévêque, dont je vois tousles jours le nom à la mienne. Ne craignez pas, pour cela, quenous trahissions vos intérêts. Il y a plusieurs prélats qui se tour-mentent de cette paix; elle ne sera faite quà de bonnes ensei-gnes. Si vous voulez faire plaisir à lévêque, perdez bien de lar-gent , mettez-vous dans une grande presse ; cest quil vousattend.

Voici une nouvelle; écoutez-moi : le roi a fait entendre à mes-sieurs de Charost quil voulait leur donner des lettres de duc etpair, cest-à-dire quils auront tous deux, dès à présent, les hon-neurs du Louvre, et une assurance dêtre passés au parlement lapremière fois quon en passera. On donne au fils la lieutenancegénérale de la Picardie, qui na-vait pas été remplie depuis très-longtemps, avec vingt mille francs dappointement, et deux centmille francs de M. de Duras, pour la charge de capitaine desgardes-du-corps, que MM. de Charost lui cèdent. Raisonnez-dessus, et voyez si M. de Duras ne vous paraît pas plus heureuxque M. de Charost. Cette place est dune telle beauté, par la con-fiance quelle marque et par lhonneur dêtre proche de Sa Ma-jesté, quelle na point de prix. M. de Duras, pendant son quar-tier, suivra le roi à larmée, et commandera à toute la maisonde Sa Majesté. Il ny a point de dignité qui console de cette perte ;cependant on entre dans le sentiment du maître, et lon irouveque messieurs de Charost * doivent être contents. Que notre amiNoailles prenne garde à lui, on dit quil lui en pend autant àlœil ; car il na quun œil aussi bien que les autres.

On parle toujours de la guerre : vous pouvez penser combienjen suis fâchée : il y a des gens qui veulent encore faire des al-

Le Bassan faisait figurer son chien dans la composition de presque tous sestableaux.

4 Armand de Béthune , marquis de Charost, avait épousé Marie Fouquel, hile dusurintendant et de Loui>c Fouché , sa première femme. Après le jugement de Fouquet, le marquis et sa femme furent relégués à Anccnis.