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Lettres Choisies de Mme de Sévigné a sa fille et a ses amis : précédées de l'éloge de Mme de Sévigné par Mme A. Tastu couronné par l'Académie française / et de l'extrait du rapport de M. Villemain
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DE MADAME DE SÉVIGN1Î.

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des Anges 1 a été à lagonie. On dit que la marquise de La Ferléy est, depuis dimanche, dun travail affreux qui ne Unit point,et Bouchet perd son latin.

M. de Langlée a donné à madame de Montespan une robe dorsur or, rebrodé dor, rebordé dor, et par-dessus un or frisé, re-broché dun or mêlé avec un cerlain or, qui fait la plus divineétoffe qui ait jamais été imaginée : ce sont les fées qui ont faitcet ouvrage en secret ; ame vivante nen avait connaissance. Onla voulut donner aussi mystérieusement quelle avait été fabri-quée. Le tailleur de madame de Montespan lui apporta lhabitquelle lui avait ordonné; il en avait fait le corps sur des mesuresridicules : voilà des cris et des gronderies, comme vous pouvezle penser; le tailleur dit en tremblant: «Madame, comme le« temps presse, voyez si cet autre habit que voilà ne pourrait« point vous accommoder, faute dautre. » On découvrit lha-bit : Ah ! la belle chose ! ah ! quelle étoffe ! vient-elle du ciel? Ilny en a point de pareille sur la terre. On essaye le corps; il està peindre. Le roi arrive; le tailleur dit : Madame, il est fait pourvous. On comprend que cest une galanterie; mais qui peut la-voir faite? Cest Langlée, dit le roi. Cest Langlée assurément,dit madame de Montespan ; personne que lui ne peut avoir ima-giné une telle magnificence; cest Langlée, cest Langlée : toutle monde répète, Cest Langlée; les échos en demeurent dac-cord, et disent, Cest Langlée: et moi, ma fille, je vous dis,pour être à la mode, Cest Langlée.

MADAME DE COULANGES.

Je suis aise de nétrc plus morte, madame, puisque vous revenez cethiver. Je suis dans votre maison; je ne pouvais plus souffrir la chambreni le lit je suis morte. Que ne venez-vous paraître avec des transparentscomme les autres? Vous épargneriez fort bien le brocart, et personne neme parait plus propre à croire M. le Prince que vous. Comment cela vousparait-il ? Vous êtes la première personne à qui jécris de ma main : il y aquelque chose entre nous:je ne sais pas trop bien ce que cest. LabbéTêtu nest pas encore en quartier dhiver. Adieu, madame, je souhaite envérité bien vivement votre retour.

MADAME DE SÉV1GNÉ.

Voilà un style qui ressemblé assez à celui vie la défunte. Nousavons ri de ce que vous avez dit delle, et de La Garde, com-parant lextrémité ils ont été tous deux, et d ils sont re-venus: cela fait voir que la sagesse revient de loin, comme lajeunesse. Jattends dHacqueville et le chevalier de Grignan pourformer mon conseil de guerre, et savoir ce que deviendra lepauvre baron que jai laissé à Livry, tout estropié. Adieu, ma

1 La maréchale de Grancey.